François Duruz est né le 21 janvier 1983 à Morges, en Suisse, dans un monde qui ne semble pas fait pour lui. Dès son plus jeune âge, il ressent cette inadaptation subtile à la société moderne, ce décalage entre le rythme effréné du monde et l'appel silencieux de la nature qui résonne en lui. Pendant que d'autres enfants jouaient dans les cours d'école, François observait les oiseaux, un carnet de croquis toujours glissé dans sa poche, capturant d'un trait rapide l'ambiance d'un soir d'automne ou la posture d'un merle sur une branche.
Cette passion précoce pour l'ornithologie et le dessin n'est pas un simple passe-temps, mais une véritable langue maternelle, un moyen de dialoguer avec le vivant. Autodidacte dans l'âme, François a suivi son propre chemin, loin des académies et des conventions. Il a appris à voir, à voir vraiment.
Passant des heures dans les forêts, les montagnes, en Suisse, en France ou en Espagne, les jumelles autour du cou et le crayon à la main. Chaque oiseau observé devenant une manifestation de grâce, chaque ambiance un élan vers sa propre lumière.
À vingt-cinq ans, François a fait un choix qui allait définir sa vie d'artiste : il est devenu berger.
depuis plus de 12 ans, il monte chaque été sur l'alpage des Begnines, dans le Jura suisse.
Une quête d'authenticité, un besoin viscéral de vivre en harmonie avec les cycles de la nature. Chaque saison d'estivage le ramène sur ces hauteurs silencieuses, où le temps s'étire et où le bruit du monde s'efface devant le murmure du vent dans les herbes hautes.
C'est là-haut, dans cette solitude peuplée de vie, que François a forgé sa vision du monde. Pour lui, l'humanité moderne souffre d'un manque cruel d'humilité face à la nature. L'homme s'est cru maître, alors qu'il n'est qu'un fil dans la trame du vivant. Cette dissonance nous a coupés d'une vérité essentielle, celle de notre juste place au sein d'un tout. François peint pour rappeler cette humilité oubliée. Ses tableaux ne cherchent pas le spectaculaire, mais capturent les scènes simples du quotidien : une crête de sapins émergeant de la brume, une lumière rasante sur un pré, le silence d'un crépuscule. Ces instants modestes portent en eux une profondeur que l'agitation moderne nous empêche souvent de percevoir.
Aujourd'hui, François Duruz continue de partager son temps entre l'alpage et son atelier, créant des œuvres qui invitent à la contemplation, au silence, à la reconnexion avec ce qui nous dépasse. Rencontrer François, c'est rencontrer un homme qui a fait le choix de l'authenticité, et acquérir l'une de ses œuvres, c'est ramener chez soi un fragment de cette poésie sauvage, un souffle de liberté et de vérité, un rappel doux mais ferme de ce que nous avons perdu et de ce que nous pouvons retrouver.